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En Europe aussi, la surveillance biométrique de masse est depuis longtemps devenue une réalité

Pourquoi nous avons besoin d’une interdiction effective de la surveillance biométrique de masse

On entend souvent: «La reconnaissance faciale appliquée à toute la population? Cela n’existe qu’en Chine.» Pourtant, ces dernières années, des technologies de surveillance en état d’être commercialisées ont été développées en un temps record. Elles sont capables d’analyser et de stocker des informations uniques, personnelles et souvent immuables sur notre corps et nos comportements, pendant que nous vaquons à nos activités quotidiennes. Ce phénomène s’appelle la surveillance biométrique de masse – et est documenté dans cet article. (Traduction par Aline A.)

La surveillance biométrique de masse n’est pas seulement utilisée par des régimes autoritaires – souvent avec l’aide proactive d’entreprises européennes – pour surveiller et persécuter leurs opposants. D’immenses lacunes dans la législation européenne font que les technologies biométriques de surveillance de masse sont déjà aussi largement utilisées sur le vieux continent.

Voici ci-dessous un bref résumé de cette évolution inquiétante.

En Allemagne, la police a expérimenté la surveillance biométrique de masse à la gare de Südkreuz à Berlin et a surveillé les manifestants anti-G20 à Hambourg. Il a également été démontré que le célèbre moteur de recherche de visages Clearview AI a illégalement et massivement analysé les photos des visages de personnes vivant en Allemagne après les avoir collectées sur Internet

En Autriche, le ministère de l’intérieur a mis à la disposition de la police un système de reconnaissance faciale, que celle-ci a déjà utilisé, entre autres, pour identifier des militants antifascistes manifestant contre des nationalistes turcs.

En République tchèque, la police a fait l’acquisition du logiciel de reconnaissance faciale Cogniware, qui serait capable d’identifier les émotions et le sexe. Pour chaque personne, le logiciel fait le lien avec ses informations bancaires et téléphoniques, son véhicule, son emploi, ses collègues, ses fréquentations, les lieux dans lesquelles elle se rend et ce qu’elle achète. A partir de ces données, l’aéroport de la capitale Prague pratique une surveillance biométrique intensive de chaque individu, sans le justifier par une évaluation des risques tel que l’exige en fait la loi.

En Italie, nous avons réalisé avec effroi que la police de la ville de Côme avait secrètement installé une surveillance biométrique de masse utilisant un système de reconnaissance faciale en direct pour détecter des comportements supposés suspects tels que le «flânage» et l’«intrusion». L’aéroport de Rome a décidé de recourir à la reconnaissance faciale pour la gestion des files d’attente. Enfin, la police italienne prévoit d’étendre son système de reconnaissance faciale pour surveiller l’arrivée des réfugiés sur les côtes italiennes. Par le passé, elle avait déjà fait part de la volonté d’utiliser la reconnaissance faciale pour surveiller les manifestants et manifestantes.

La Grèce partage avec l’Italie non seulement la mer Méditerranée, mais aussi le penchant de ses autorités nationales pour la reconnaissance faciale de masse. L’expérimentation dystopique iBorderCTRL est un «détecteur de mensonges» censé être capable de distinguer le mensonge de la vérité en se basant sur les expressions faciales d’une personne. De plus, la police grecque a été prise en flagrant délit en 2020 lorsqu’un contrat de 4 millions d’euros pour de la reconnaissance faciale «intelligente» a été rendu public. Entre-temps, l’autorité hellénique de protection des données a ouvert des enquêtes contre la police pour stockage et traitement illicites de données biométriques de la population grecque dans de gigantesques bases de données centralisées.

Aux Pays-Bas, des entreprises ont mis en œuvre des mesures de surveillance biométrique de masse comme des systèmes de reconnaissance faciale en direct dans des évènements sportifs ou de divertissement, dans des magasins et dans les transports publics. Ces méthodes de surveillance étaient si intrusives que l’autorité néerlandaise de protection des données a dû rappeler aux entreprises que cette pratique était illégale.

De surcroît, la police néerlandaise compte 1,3 million de personnes dans son système de reconnaissance faciale, dont de nombreux innocents qui n’ont jamais été soupçonnés d’avoir commis un crime.

La France n’est pas non plus étrangère à la surveillance biométrique de masse. Un lycée de Marseille a utilisé la reconnaissance faciale à l’encontre de ses élèves. La ville française de Nice a expérimenté la reconnaissance faciale dans ses rues. Et le gouvernement français a mis en place le recours à la reconnaissance faciale sur un fichier de police (fichier Traitement des Antécédents Judiciaires) comportant 19 millions d’entrées et 8 millions d’images.

En Belgique, il a été découvert que l’aéroport de Zaventem (Bruxelles) espionnait chaque personne qui y circulait (non, il ne s’agit pas du contrôle des passeports) et collectait et traitait des images faciales permettant clairement une identification des passants et passantes.

Au Danemark, le gouvernement a réussi à exploiter les angles morts de la législation européenne et à autoriser la surveillance biométrique de masse de supporters de football. La prochaine étape? Le club de football Brøndby a annoncé que les visages de tous les supporters seraient bientôt scannés afin d’identifier les personnes interdites aux matchs du Brøndby IF. Cette violation des droits fondamentaux a même été approuvée par l’autorité danoise de protection des données.

En Slovénie, la police a été surprise en train d’utiliser la surveillance de masse biométrique. La surveillance biométrique de masse a également été utilisée pour surveiller des manifestants et manifestantes qui ne faisaient qu’exercer leurs droits démocratiques.

La Suède se trouve aussi sur la carte de la surveillance de masse. La police suédoise a été condamnée à payer une amende pour avoir illégalement recouru à Clearview AI. En outre, une école suédoise a utilisé la reconnaissance faciale pour contrôler l’assiduité des élèves .

La Pologne et la Serbie fournissent deux autres exemples négatifs: une école polonaise a utilisé des empreintes digitales biométriques pour servir les repas scolaires tandis que, en Serbie, l’utilisation massive de caméras de reconnaissance faciale dans les rues de Belgrade a été révélée au public.

Et qu’en est-il en Suisse ?

Il y a environ un an, à des fins de démonstration, un journaliste de la RTS a construit un impressionnant petit programme de reconnaissance faciale à partir de composants open source, qu’il a alimenter avec des images des candidats et candidates aux dernières élections fédérales – et a rapidement obtenu des résultats intéressants à partir d’un pool d’images accessibles publiquement sur les réseaux sociaux. L’expérience a montré à quel point la technologie était déjà accessible, mais on savait peu de choses à l’époque sur son utilisation par les services de police suisses.

Depuis il est devenu clair que de tels programmes sont déjà en service dans ce pays. La police cantonale argovienne a récemment expliqué au Tages-Anzeiger comment elle a retrouvé un pickpocket (sic!) grâce au programme de reconnaissance faciale «Better Tomorrow» de la société israélienne Anyvision. Les polices de quatre autres cantons ont révélé qu’elles utilisaient également des logiciels de reconnaissance faciale dans le cadre de leurs enquêtes – mais sans donner de détails. Grâce à une demande d’accès de journalistes du Tages-Anzeiger fondée sur la la loi sur la transparence (LTrans), on sait que Saint-Gall utilise l’outil «Analyze DI Pro» de la société suédoise Griffeye.

Il ne s’agit là que de quelques-uns des cas rendus publics les plus récents. Il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup d’imagination pour concevoir combien d’autres projets de ce type pourraient être en cours de réalisation. Et que, du fait de clauses de secret, du manque de contrôle et de l’absence de réglementation, la plupart de ceux qui existent n’ont probablement jamais été révélés au grand jour.

Reclaim Your Face

Les organisations qui ont uni leurs forces dans la campagne Reclaim Your Face demandent une loi qui comble les lacunes de la législation européenne et interdise effectivement la surveillance biométrique de masse dans toute l’Union Européenne. La dernière proposition de la Commission européenne visant à réglementer l’intelligence artificielle laisse beaucoup à désirer, en particulier parce qu’elle limite à peine son utilisation à des fins répressives et qu’elle prévoit même des exceptions de grande ampleur.

Signez maintenant !

Les citoyens UE peuvent signer la pétition pour l’interdiction de la surveillance biométrique de masse ici..

(Article adapté de reclaimyourface.eu)